Nouvelles
Posté le 24.06.2007 par atila
(...Je tiens à signaler que cette histoire n'est que pure fiction et que si j'ai emprunté des personnes de la vie courante, leur vie est tout autre que celle-là. J'espère que (surtout) toi, Tico, saura comprendre mes paroles...)
14h39 à la pendule du hall. L'appartement semble vide, aucun bruit, juste un bordel inconsidérable. Un fouilli de vêtements, restes de repas, canettes..., traînent ça et là. Dans ce qui semble être le salon, un canapé défoncé trône devant une minuscule télévision. Les plantes vertes qui étaient censées la décorer sont sèches et devenues jaunes. Sur la gauche, deux portes-fenêtres perçent le mur donnant sur un balcon au-dessus de la rue sombre et sale. De long rideaux rapés cachent la lumière, plongeant ainsi la pièce dans la pénombre. Un lappement répété provient de la cuisine. Par terre, à même le sol, un chat au pelage blanc et noir se désaltèrait. Lorsqu'il eut fini, en se décalant pour faire sa toilette, il heurta accidentellement une bouteille qui se brisa sur le carrelage bleu et crème. Affolé par se son, l'animal courut, ventre à terre, se cacher sous le lit de la chambre, pièce voisine. Cette dernière n'avait pas du être aérée depuis longtemps car une odeur de vieille transpiration flottait dans l'air. Le chat poussa un miaulement rauque en direction de la forme inerte sous les draps. Au bout de plusieurs appels émis par le félin, la chose affalée sur le matelas se mit en action. D'une main pâteuse, l'homme alluma la lampe qui éclaira alors de sa lumière tamisée son visage endormi. Il cligna des yeux quelques minutes regardant l'haure d'un oeil noir puis, d'un pas traînant, il se rendit vers le réfrigérateur. Tout en ouvrant une boîte de paté, il brancha sa cafetière qui émit un glougloutement, signe qu'elles se mettait en marche. Il revêti son manteau, passa la porte et descendit les escaliers. D'un geste de la main, il salua la concierge qui lui répondit d'un vague bonjour en balayant le hall. L'homme se dirigea vers les boîtes au lettres et se mit à fouiller dans les poches de sa veste. Au bout d'une poignée de minutes, ilfinit par trouver ses clés et pu ainsi ouvrir la boîte. Il s'empara alors du courrier et gravit les marches jusqu'au premier étage. Tout en sirotant son café, l'homme feuilletait les lettres qu'il venait de recevoir. Bon nombre étaient des factures qu'il fallait payer rapidement. Nicolas se demandait si, ce mois-ci, il arriverait à les payer : cela faisait plusieurs mois qu'il était au chômage, et l'argent se faisait rare, voir inexistant. Ayant finit sa boisson, il se grilla une cigarette en continuant son tri. C'est alors qu'il tomba sur une enveloppe dont l'adresse était écrite à l'encre violette. Son nom ainsi que son prénom étaient finement caligraphiés. Il déchira le papier, l'ouvrant rapidement, poussé par la curiosité. A peine eut-il sorti la feuille se trouvant à l'intérieur qu'un doux parfum de fleurs embauma l'atmosphère. L'écriture était tout autant appliquée que sur l'extérieur, et même, un dessin à l'aquarelle représentant un homme et une femme enlacée illustrait ce message:
" Mon doux Nicolas
Je vais, en ce jour, coucher mes sentiments sur ce papier, car je ne puis tenir plus longtemps. Mon âme attend à chaque instant ta venue, bien que tu me méconnaisses.
Le temps se fait morne et terne en ton absence, tu as su me dérober le coeur et je t'en pardonnes entièrement.
Je ne peux savoir tes sentiments à mon égard mais j'attendrai jusqu'au bout...
A bientôt
Violine"
Le jeune homme fut d'abord très étonné, qui donc pouvait être cette femme, qui plus est, amoureuse de lui. Cela lui fit monter le rouge aux joues : il était désiré. Tout cela le touchait, l'émouvait. L'aurait-il déjà croisé dans la rue ? Nicolas regarda le tampon à côté du timbre, il était à l'effigie de sa ville, Lille, la tête posée entre ses mains, il était plongé dans ses pensées. Tout cela paraissait irréel, un rêve. Il se demandait comment, lui, pouvait-il plaire ? Il ne s'appréciait fort peu physiquement bien qu'on lui ait déjà dit et répété le contraire. Mais la beauté ne se situe-t'elle pas de toute façon à l'intérieur ? Cela, il le comprenait. Mais comment pouvait-elle le connaître interieurement ? Il ne pouvait y avoir d'attrait physique selon lui...
Laissant toutes ces questions au repos, il partit se doucher dans sa salle de bain exigüe avant de se rendre chez un ami.
Assis à côté de lui, dans son saklon, une bière à la main, tous deux discutaient, et principalement de football. C'est alors que vint l'idée à Nicolas de lui parler de la lettre de la femme.
L'autre homme s'exprima ensuite :
- Mais c'est que tu t'es fait avoir, grand benêt que tu es ! N'as-tu point vu que c'était pour te piéger ?! Un joli coup monté que l'on t'a tendu Nicolas !! Et tu t'y es laissé prendre !!
Le jeune homme prit alors conscience qu'il pourait bien s'être fait leurré. Il considéra son ami hilare, et pour conserver le peu de fierté qui lui restait déclara d'une voix froide.
-C'est tout autant possible que ce soit réel !
-Ne te vexes pas ! Je ne veux pas te la voler ta Violine !!
-Ce n'est pas MA Violine!!
Son ami préféra se taire, car Nicolas commençait réellement à s'énerver, et l'alcool qu'il avait bu embrouillait son esprit et le rendait dangereux.
Il changea rapidement de sujet et les deux amis finirent l'après-midi en parlant de l'équipe de football de Lille
Ils se quittèrent tard dans la soirée après avoir mangé un kebab bien gras à la sauce Samouraï.
Les jours passaient, rythmés par l'arrivée de lettres à l'écriture violette. Il découvrit chez Violine un talent indiscutable pour la poésie, ainsi que pour le dessin. Il arrivait fréquemment que le message soit simplement constitué de vers ou de croquis.
Au début, tout cet amour lui faisait plaisir, mais au fil du temps, ces mots inlassablement écrits le fatiguaient, voir le dégoûtaient. Cette femme commençait à l'énerver, son amour sonnait parfois faux et sa "présence" l'étouffait. Il ne savait comment lui répondre, faire stopper ces lettres lui parvenant plusieurs fois par semaine. Il ne l'aimait pas et voulait le lui faire comprendre. Mais comment ? Là était le problème. Il ne savait pas qui elle était, où elle habitait, ce qu'elle désirait vraiment. Tout était flou, alors, un matin, il décida d'aller placer une feuille sur l'une de ses vitres.
« Peut-être trouvez-vous cele stupide, mais qu'aurez-vous fais à sa place ? »
En gros il avait tracé de son écriture serrée : "Comment te parler ?"
Ce jour là il pleuvait, c'est sans doute pourquoi il n'aperçut point cette forme sombre le regardant. Ses courts cheveux chataîngs étaient collés contre sa peau. Ses grands yeux bleus fixaient Nicolas et ses larmes se melaient à la pluie. Elle le regarda encore quelques instants, puis tourna les talons, s'enfonçant dans une ruelle.
La femme frappa trois coups secs à une porte à demi-branlante tout en s'essuyant le visage. Quelqu'un tourna la clef dans une serrure puis fit entrer la demoiselle.
- Entre Violine, viens te réchauffer parmis nous !
Sans un mot elle traversa le couloir et s'arrêta dans un petit salon où le feu crépitait dans une cheminée.
-Tu viens la chercher ? demanda l'homme qui lui avait ouvert.
-En fait, c'est encore trop tôt. Ne pourrais-tu pas la garder encore quelques jours, voir une semaine, Anthony ?
-Tais-toi ! Ne prononçe pas mon prénom !! Puis reprenant plus calmement, il dit, Et sinon, pour le reste, tu sais très bien que c'est dangereux. La garder me met en danger. Il va falloir me payer ma belle !!
Anthony fixa la jeune femme d'un air entendu. Celle-ci semblait réticente, il dit alors :
-Je la reprends pour de bon, sinon !
Cela finit de la convaincre, et, le dos rond, elle le suivit jusqu'à une chambre où l'homme ferma la porte à clée en souriant. Il allait, à nouveau, bien s'amuser...
À suivre...
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Posté le 25.06.2007 par atila
Il était tard. La rue était déserte et le froid lui mordait la peau. Ses habits étaient usés et l'air circulait aisemment entre les trous. Elle grelottait et elle allait devoir passer la nuit dehors. La jeune femme n'avait pas eu assez de clients ce soir-là. À peine avait-elle gagner de quoi manger.
Peut-être que les hommes, de nos jours, deviennent plus fidèles, ou bien alors que leurs pulsions sexuels se calment, qui sait ? Elle se foutait bien de savoir la réponse à cette question, ce qu'elle désirait c'était simplement dormir, au chaud, dans un lit, seule.
Elle s'allongea sur le banc de l'abri-bus et tenta de trouver une position quelque peu confortable. La femme se lova sur elle-même et ferma les yeux. Le vent glacial de la nuit courait le long de sa peau, laissant des sillons de frissons. Elle se décida à se lever lorsque qu'elle commença à ne plus sentir ses orteils. Elle jeta un regard suppliant à la lune et soupira. Elle ramassa ses affaires et repris son chemin. Elle s'arrêta un court instant pour observer la forme flou dansante derrière la vitre du premier étage et tourna au coin d'une rue. Elle s'enfonça dans une ruelle et comme chaque fois qu'elle était venue, c'est à dire beaucoup, elle frappa trois coups. Elle entendit d'abord un pas traînant, puis plusieurs grognements, avant que la porte ne s'ouvre sur Anthony. Son visage s'éclaira lorsqu'il aperçut la demoiselle. Il murmura, faussement étonné :
- Mais que fais-tu donc ici Violine ? Pourquoi n'es-tu pas à l'hôtel ?
- Tu sais très bien pourquoi ! s'exclama-t-elle en entrant sans sa permission.
- J'adore quand tu es énervée, c'est beaucoup plus amusant, susurra-t-il sur un ton mielleux et appréciateur.
Il faisait bon et chaud. Elle dormait dans un lit. Mais elle n'était pas seule.
Elle le regarda à la pâle lueur de la bougie posé sur la table basse. Il était laid. D'entre ses lèvres s'échappait un souffle rauque à l'odeur nauséabonde. Des cicatrices étaient encore dessinées sur sa peau, souvenir d'une adolescence sans doute fort boutonneuse. Ses cheveux étaient inexistants sur le sommet de son crâne et grisonnants sur les tempes. Il avait la quarantaine bien passé et même des rides marquaient son front. Elle détailla ensuite son corps dont seul les pieds étaient recouvert d'un drap. En plus d'être laid, il était gros. Enfin, cela participait à sa laideur.
Elle soupira pour, au moins, la vingtième fois de la journée. Depuis deux jours déjà, Nicolas avait posé cette feuille sur sa fenêtre. Elle avait peur. Elle qui l'avait tant épié, tant de fois attendu pour juste se satisfaire de sa silhouette, elle, qui mourrait d'envie de le rencontrer, était terrorisée. Elle aurait encore voulu sentir la main rassurante de sa mère. Pourquoi était-elle morte si tôt ? Une larme coula le long de sa joue. Est-ce-qu'un jour, dans sa misérable vie, un homme la serrerait dans ses bras seulement par amour ? Elle se mordit les lèvres. Et si c'était lui ? Elle ferma les yeux. Et si ce n'était pas lui ? Elle réprima un sanglot. Et si c'était personne ? ...
7.04. Il était temps de se lever. Elle renfila ses sous-vêtements, prenant soin de rattacher correctement ses bas pour éviter de les filer plus qu'ils ne l'étaient. Passa un haut au décolleté plongeant, ainsi qu'une mini-jupe, pourrait-on dire, transparente.
Elle laça ses bottes à aiguilles et sortit de la chambre. Elle marcha rapidement sur le trottoir évitant les mains mal placées de certains hommes, une cigarette à la bouche. Elle scruta quelques secondes le balcon de Nicolas, et, ne voyant rien, continua sa route. Après plusieurs minutes de marche, elle s'arrêta devant une boîte de strip-tease. Elle baissa la tête et entra.
- Salut Violine ! Quoi de neuf ? demanda le jeune barman dont le regard allait sans cesse sur les cuisses de plusieurs jeunes femmes se trémoussant devant lui.
- Rien... comme d'habitude, dit-elle en s'éloignant.
Et comme tous les jours depuis ses quinze ans, Violine fit ces gestes qu'elle avait appris et répétés au cours du temps et qui, maintenant, lui étaient familiers. Et tout cela, pour seul but d'apaiser la soif des hommes, gagner quelques billets et souiller son titre de femme.
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Son rythme cardiaque s'accélérait. Pourquoi avait-elle donc fait cela ? Sa respiration se faisait oppressée. Ses membres tremblaient. Pourquoi avait-elle accepté ce rendez-vous ? Il approchait. De son allure qu'elle avait tant de fois détaillée, tant de fois regardée, tant de fois admirée. Il la regarda. Dardant sur elle son regard profond et brillant. Un voile de sueur glacée se posa sur sa peau parcourue de milliers de frissons.
- Bonjour, déclara-t-il sur un ton grave.
- Euh... bonjour... répondit-elle d'une voix gênée tandis que le rouge lui colorait les joues.
- Alors c'est vous... murmura-t-il songeur, vous avez un sacré talent dans la poésie ma parole !
- Merci...
- Même si je dois dire que c'était un peu lourd tout ces messages.
Violine sentit se fissurer son coeur.
- Et vous faîtes quoi dans la vie ?
- Euh..., elle étouffait. Devait-elle mentir ou jouer franc jeu ? Elle l'aimait, Euh...
- Oui ?
- C'est à dire que...
- Je vous écoute.
- Pute. Je suis une pute.
- Ah... très interressant comme métier... dit-il en un souffle, déboussolé.
- Ah bon ? Vous trouvez ? demanda-t-elle avec espoir.
- Évidemment que non, pauvre idiote ! Tu te crois où ? Déjà que tu me soûle comme fille, alors en plus, si tu te tape tout les mecs qui passent...
Son coeur se fendit en mille morceaux. Elle l'aurait cru compréhensif, un brin sensible et affectueux. L'espoir s'était envolé. Comme un oiseau que l'on aurait gardé trop longtemps enfermé, il était parti à tire-d'aile, loin d'elle. Elle était vaincue. Elle avait perdu.
- La vie a toujours cherché à me détruire, aujourd'hui elle vient de m'achever, chuchota Violine à l'oreille de Nicolas avant de partir, en lui laissant le soin de régler la note.
Il resta un instant hagard. Puis, retrouvant peu à peu ses esprits, se rendit compte qu'il n'avait pas fait dans la finesse.
« Au moins ça a été radical, c'est cela de positif », songea-t-il.
Il paya puis sortit du bar, rentrant chez lui. Comme à son habitude, il décapsula une bière qu'il sirota devant la télévision.
Il ne se doutait pas qu'à cet instant, exactement en face de la fenêtre d'où il se trouvait, assis sur le banc d'un abri-bus, dans le froid et la saleté de la rue, une jeune femme pleurait toutes les larmes de son corps en murmurant pour elle-même :
« Tu avais raison maman... les hommes sont bien tous des salauds... »
À suivre...
Posté le 07.12.2007 par atila
Il pleuvait des cordes. Chaque gouttes ruisselaient sur sa peau marquée par le temps, imbibant ses vêtements d’eau. Il faisait froid et la nuit n’allait pas tarder à tomber. Il pestait en silence. Ils étaient en retard. Encore une fois. Il jeta un coup d’oeil rageur au bout de la rue. La pluie lui cinglait le visage. Il tapa du pied pour arrêter les fourmillements qui parcouraient sa jambe. Soudain, sur sa gauche, à l’angle de la route, surgit une fourgonnette. Il sourit. Enfin, ils étaient là. Il enleva sa casquette. Signe habituel de reconnaissance. Il s’approcha du bord du trottoir. Un air vicé de pollution pénétra dans ses poumons.
- l’oiseau s’envole. La cage a été ouverte.
- Le chat l’a mangé. Il avait faim.
- Bonjour l’ami. Content de te voir. Dit Anthony en lui serra la main.
- Bonjour mon gars. À dans trois semaines.
La voiture repartie en trompe. L’homme remit sa casquette et sourit en serrant le sachet qu’il tenait dans la paume. Il fourra la liasse de billet dans sa poche et se baissa pour relaçer ses chaussures. Il cacha sous son talon la poudre lui étant si précieuse à ses yeux puis marcha en direction de sa vieille camionnette. Il pianota quelques secondes sur son portable, tandis qu’il mettait le contact et prenait la direction des banlieues du nord. Un bip régulier se fit entendre dans l'habitacle :
- Salut bébé. On se voit ce soir ma belle ? susurra-t-il
- Euh... Ce soir ? Hum... attends deux secondes, je regarde mon agenda. Oh... désolé mon chou, j’ai plein de clients, je pourrais pas... l'interlocutrice prit une fausse voix déçue.
- Même tard dans la soirée ?
- Oui...
- T’es sûr bébé ?
- Oui je te dis.. Et puis, là, on m’attends, on se voit un autre jour ?
- Ouais... à la prochaine bébé...
Il poussa un soupir tout en tapant sur les touches de son mobile :
- Salut Monique. T’es libre ce soir ?
- Ouais, je crois.
- 20h ? chez moi ?
- Ben ouai, comme toujours, souffla la femme en tirant sur sa cigarette. À toute à l’heure Antho.
- Oui, je t’embrasse, bébé.
Il raccrocha en souriant. Il allait passé une bonne nuit. Il espérait que Violine viendrait les rejoindre. Cette femme était belle. Magnifique aurait dit certain. Mais le seule problème, c’est qu’elle croyait encore au prince charmant. Pute ne lui convenait pas. Elle aurait put faire fortune avec ce corps. Mais bon. Il lui dénonnait les moyens, si elle n'acceptait pas, c'était son problème.
Il regarda le cadran de sa montre. Il avait le temps de passer à la boîte de streep-tease avant de rentrer pour Monique.
Il se gara devant la boîte, débordant sur la chaussé.
- Salut tout le monde !
- Salut boss’, fut répété dans l’ensemble de la salle.
- Quoi de neuf, demanda-t-il au barman en regardant à son tour les femmes devant lui.
- Le grand a ramené des nouvelles. Une dizaine. Totalement inexpérimentées.
- Tu me mets Vio sur ce coup là.
- Euh... boss.. ça va pas lui plaire.
- Je m’en fous de ce qu’elle aime, ce que je veux c’est qu’elle bosse et me rapporte du fric.
Le barman n’aproffondit pas plus la conversation sur Violine. Tout en nettoyant un verre, il continua :
- Sinon, y a une jeune, Pauline qui s’est suicidée. Kay s’en est occupé.
- Aucune trace ?
- Oui.
- Bien. Amuse-toi, Il lui fit un clin d’oeil, Monique m’attend.
11h02. Sa montre bipa pendant quelques minutes avant qu'Anthony ne se réveille pour l'éteindre. Il s'étira en baillant et regarda la place à côté de lui. Elle était vide. Monique avait sans doute dut partir tôt pour commencer sa journée auprès de clients avides de plaisirs charnels.
Il se leva, s'habilla et sortit rapidement dans la rue. L'homme monta dans sa voiture et démarra rapidement.
Après une demi-heure de trajet, il s'arrêta devant une usine abandonnée. Anthony resserra son manteau autour de ses grasses épaules car le froid lui mordait la peau. Il marcha jusqu'à la porte rongée par la rouille et la passa. Ce dernier se retrouva plongé dans la pénombre et avança, à tâtons, sur sa gauche.
Lorsque ses yeux se furent habitués à l'obscurité, il distingua un attroupement de personnes autour d'une même table. Ils faisaient affaire sur de petit sachet de poudre blanche en échange d'une liasse de billet. Il s'approcha, sortant l'argent de sa poche.
Trois coups secs à la porte. L'homme se leva, rouspétant en regardant l'heure puis se dirigea vers l'entrée. Il poussa le vérou et ouvrit. C'était Violine. Il se préparait à répéter sa phrase habituelle quand il vit les larmes dévalant ses joues. Elle ne serait jamais venue le voir pour être réconfortée. D'une voix qu'il tentait de faire chaleureuse, il demanda :
- Pourquoi viens-tu ?
- Passe-la moi. Maintenant.
- Je... Violine ?
- T'es sourd ? Passe-la moi, je t'ai dis !
La voix de la femme était devenue aussi tranchante qu'une lame de rasoir et on n'aurait pu se douter qu'elle venait juste de pleurer. Anthony se retourna, hésitant, caressant de ses mains potelés son ventre gonflé. Il plongea un instant dans son regard glacé, puis alla la chercher. Il revient quelques minutes plus tard, un sac de sport jaune à la main. Il lui le tendit.
- Tiens, voilà, contente ? Maintenant casse-toi.
Elle jeta un coup d'oeil à l'intérieur puis dit d'une voix mystérieuse :
- Il faut toujours réfléchir avant d'agir, tu vas le regretter...
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Une détonation. Fulgurante. Immense. Puis, plus rien. Un silence éternel. Les immeubles se sont effondrés sur eux-mêmes, les habitants écrasés sous le poids des murs. Les rues sont muettes, toutes les voitures sont épaves, les conducteurs aplatis sous la tôle. Des corps traînent, éparts, sur les restes de trottoirs. Le ciel est gris et le seul son à des kilomètres à la ronde est la pluie tombant sur les pavés maintenant disjoints. Devant ce qui reste de la porte du première étage, des débris de tissus jaunes restent accrochés dans les fentes de la chambranle. Le jeune homme est mort sur le coup, comme tout les autres. La jeune femme en fait partie. Lille est dévastée. Toutes constructions, affaissées sur elle-même. Plus rien. Plus de vie. Plus de haine. Plus d'amour.
Elle avait décidé d'enlever la vie, elle avait décidé de donner la mort.
Elle a réussi.
Fin...