Je regarde les jours défilés... tous identique les uns aux autres... Je ne suis qu'une spectatrice du théâtre d'une vie... Une pièce où l'on aurait oublié les principaux acteurs... Une scène plongée dans l'ombre par les rideaux tirés...
Je ne vois que la lumière aveuglante des projecteurs qui éclaire d'une couleur jaunâtre les pas éffacés par le temps...
L'existence d'une personne se résume à peu de choses... voir à rien...
Il faut toujours garder espoir... je le dis moi-même... Mais ces mots sonnent tellement faux à mes oreilles... Garder espoir en quoi ? La vie se joue toujours de nous... Demain des milliards de vies peuvent être arrachées... La mort croise inévitablement nos chemins... Emportant les seuls personnes qui nous sont chères... Et ce jour peut arriver si tôt... si vite... Et l'on continu d'y croire... Alors que tout peut s'écrouler demain.. ou même dans une minute...
Enfermé dans un isolement crée par nous-même suite à des différences trop marquantes... Prisonnière de ses propres larmes qui coulent et meurent dans le silence de la solitude... Dans l'attente d'un jour qui peut finir par ne pas exister...
Mais où allons-nous dans cet Enfer.. ? où...
Demain ne sera qu'un jour à cocher sur un calendrier,
Un cycle d'heures perdues et lasses d'une vie,
Des rêves ponçés et qui finalement se seront qu'effaçés,
Par le perpétuel et indescriptible ora d'une nuit...
Demain ne sera qu'un brouillard que le soleil levera,
Une main invisible enserrant notre coeur,
Une suite d'enchainement où la mort adviendra,
Seulement une pluie de colère et de pleurs...
Demain ne sera qu'un lent conte,
Dont la fin s'écrira par les larmes d'une joue,
Un mélange de douleur et de honte,
Pour décrire ce sombre monde de fou...
Demain ne sera que la chimère d'un esprit enfantin,
Que la beauté des yeux d'un aveugle mourrant,
De l'espoir de vivre un autre lendemain,
Sous ce ciel rougit par le pourpre du sang...
Demain ne sera que la fleur aux pétales noirs,
Fânant sur cette tombe de pierre grise,
Un écriteau : "ne plus y croire",
Au pied de cet homme secoué par la brise...
Demain ne sera qu'un mot trop rapidement dit,
S'engouffrant dans l'âme comme une lame distillée,
Un fantôme de paroles et de prommesses enfouies,
Que la tempête de l'existence finira de nous arracher...
Demain ne sera que le fruit de sanglots et de murmures soufflés,
D'invinsibles chagrins aux portes de souffrances contenues,
D'immortels regards chargés d'amour malheureux et brisé,
De personnes s'égarrant, finissant par être seules et perdues...
Demain ne sera qu'aujourd'hui...
On avançe. On marche. Et l'on meurt.
On court. On croit. Et l'on pleure.
C'est de rêves que l'on tisse notre monde, mais pourtant l'on ne fait que s'encastrer dans cette ronde... Le rouage dont l'engrenage nous entraîne dans le profond ténèbre d'une vie... L'espoir que l'on fait naître puis finalement que l'on souffle nous-même avec mépris... C'est la chandelle d'un coeur qui nous guide sur des sentiers abandonnés, mais la douleur persiste encore, et l'on se demande combien de temps tout cela va durer...
Il est si simple de graver des prommesses dans nos yeux qui débordent déjà de trop de larmes, si simple de penser que les étoiles d'un soir ne planterons jamais dans notre coeur une triste lame...
Et lorsque tout s'efface, que les paysages s'envolent et que les images se brouillent... Que l'on se rend compte de notre place, que cette société nous enrole, et que la robotisation est maîtresse de tout...
Alors les yeux clos, ils continueront...
Et nous, dirons nous toujours sans rien faire qu'un jour nous vivrons ?